la historia continúa

 

Desde el comienzo intenté hacerles comprender que no, que Galicia no estaba en Andalucía, que de hecho, Galicia era una comunidad autónoma como Andalucía. Me miraban como se mira el exotismo de una rana cuando estás a punto de comerte sus ancas, pero yo no era una rana -eso creía-, solo una profesora de español.

Ana, París, 12 de octubre de 2005

C'etait un peu difficile mais j'y prenais un certain plaisir - ils ne me comprenaient pas (et ils etaient definitivement retifs aux subtilites de la geographie et de l'organisation administrativo territoriale espagnole - mais je decouvris par la suite que c'etait la une particularite partagee par tous les Francais sans exception), certes, mais ils retenaient sans doute un peu de la langue... et après tout, c'etait surtout ca mon travail ! Cependant, au fil des semaines et d'une incomprehension grandissante, je remarquai quelques alterations subtiles dans mon apparence corporelle. Il me sembla pour commencer que ma peau verdissait un peu. Oh, rien d'extraordinaire au debut, un leger rayonnement diffus, comme si mes vaisseaux sanguins affleuraient un peu plus sous la surface de l'epiderme. Un changement physiologique que je mis sur le compte de l'arrivee de l'automne, tant il est vrai qu'a Paris cette annee l''ete indien' avait prematurement cede le pas a un hiver siberien. Un soir, après un cours plus dur que d'habitude (ou j'avais heroiquement tente d'expliquer a mes eleves qu'en Espagne on parlait plusieurs langues, comme le galicien par exemple), je me surpris a produire une vocalise etrange, alors que j'examinai mes vaisseaux de plus en plus phosporescents dans le miroir de la salle de bain. N'y pretant guere attention (sans doute, me dis-je, une consequence des efforts que je fais subir a mon palais pour prononcer les 'r' a la francaise), je passai le reste de la soirée devant la television, fascinee par un passionant documentaire animalier sur les insectes des etangs.
Pendant ce temps, a l'ecole, mes eleves ne comprenaient toujours rien a ce que je leur racontais et, de surcroit, leur comportement me devenait de plus en plus impenetrable. Il n'etait pas rare que certains d'entre eux emploient la pause entre deux cours pour aller bruler quelques voitures garees aux alentours du college, puis reviennent en classe me regarder calmement, sans pour autant avoir l'air de m'ecouter le moins du monde. Je ne m'inquietais pas outre mesure, la direction du college m'ayant averti de certaines coutumes paiennes deroutantes, sans doute destinees a conjurer l'arrivee du froid polaire sur la region parisienne, que je devais accepter comme un un indice supplementaire des nuances culturelles qui demeuraient encore entre les pays de l'Union Europeenne. Zaragoza me manquait un peu, quand meme...

Nico, París, 10 de diciembre de 2005


 

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